
Mercredi 7 octobre 2026, le Comité de liaison Formation de l’Alliance du Commerce a reçu Fatou BITA, chargée de mission développement réseaux entreprises et acteurs institutionnels, et Rémi CHEVET, chargé de mission développement partenarial, de Transitions Pro Île-de-France. Cet organisme, géré par les partenaires sociaux et habilité par l’État, finance depuis plus de 40 ans les reconversions professionnelles des salariés du secteur privé. Les deux intervenants ont détaillé trois dispositifs de mobilité interne et externe encore méconnus des salariés mais stratégiques pour les employeurs : le projet de transition professionnelle (PTP), la validation des acquis de l’expérience (VAE) et la certification CléA.
Le projet de transition professionnelle
Le projet de transition professionnelle permet à un salarié de changer de métier ou de profession en suivant une formation certifiante. Cette formation doit être enregistrée au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au Répertoire spécifique, et dispensée par un organisme certifié Qualiopi. Le compte personnel de formation (CPF) du salarié doit obligatoirement être mobilisé, même s’il est à zéro. Pendant la formation, le contrat de travail est suspendu et la protection sociale maintenue.
Le dispositif s’adresse aux salariés de droit privé en contrat à durée indéterminée (CDI) ou à durée déterminée (CDD), aux intérimaires et aux intermittents du spectacle, sous conditions d’ancienneté. En CDI, il faut deux ans d’ancienneté professionnelle, dont un an dans l’entreprise. En CDD, il faut 24 mois d’expérience au cours des cinq dernières années, dont quatre au cours des douze derniers mois. Aucune ancienneté minimale n’est exigée des titulaires d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.
Transitions Pro règle les frais pédagogiques directement à l’organisme de formation, dans la limite de 18 000 euros hors taxes et de 27,45 euros hors taxes de l’heure. Il prend en charge la rémunération à 100% lorsque celle-ci est inférieure à deux fois le salaire minimum interprofessionnel de croissance, à 90% au-delà. En CDI, l’employeur continue de verser le salaire et se fait rembourser chaque mois ; une avance est possible pour les entreprises de moins de 50 salariés. En CDD, la rémunération est versée directement au salarié.
En CDI, le dossier complet est à déposer au plus tard trois mois avant le début de la formation. Si celle-ci a lieu sur le temps de travail, le salarié adresse au préalable à son employeur une demande écrite d’autorisation d’absence, au moins quatre mois avant. L’employeur a 30 jours pour répondre. Il ne peut refuser que si les conditions d’ancienneté ou de demande ne sont pas respectées. En revanche, il peut proposer un report unique, de neuf mois au maximum, s’il estime que l’absence pourrait nuire à la production et à la marche de l’entreprise, après consultation du comité social et économique. Ce report est aussi possible en raison du nombre de salariés simultanément absents.
La validation des acquis de l’expérience
La validation des acquis de l’expérience permet d’obtenir, grâce à l’expérience professionnelle, une certification enregistrée au RNCP (diplôme, titre ou certificat de qualification professionnelle), en vue d’une qualification ou d’une reconversion. Le candidat vérifie d’abord la faisabilité de son projet et cible la certification visée, puis soumet un dossier de recevabilité à l’organisme valideur. Si ce dossier est jugé recevable, le candidat bénéficie d’un accompagnement, obligatoire dans le cadre d’un financement Transitions Pro. Cet accompagnement l’aide à rédiger son dossier de validation et à préparer son évaluation par le jury, qui prend selon les cas la forme d’un entretien ou d’une mise en situation professionnelle. À l’issue, la validation peut être totale, partielle ou nulle.
Transitions Pro finance jusqu’à 2 000 euros par dossier : 200 euros de frais de recevabilité et 1 800 euros de frais de certification. Le financement concerne les salariés du privé en CDI, en CDD, intermittents ou intérimaires. Pour ces trois dernières catégories, la demande doit être formulée dans les douze mois suivant le dernier contrat. Dans ce cadre, la VAE se déroule uniquement hors temps de travail, sans prise en charge du salaire. Le dossier est à déposer au plus tard deux mois avant le début de l’accompagnement.
La certification CléA
La certification CléA porte sur les connaissances et compétences de base nécessaires pour faire face de manière autonome aux situations de la vie professionnelle. Interprofessionnelle et reconnue au niveau national dans tous les secteurs, elle repose sur un référentiel unique de sept domaines :
- communiquer en français ;
- calculer et raisonner ;
- utiliser un ordinateur ;
- travailler en équipe ;
- travailler en autonomie ;
- apprendre à apprendre tout au long de la vie ;
- maîtriser les règles de base d’hygiène, de sécurité et d’environnement.
Elle s’adresse principalement aux personnes pas ou peu qualifiées, qui doivent maîtriser le français au moins au niveau A2 du Cadre européen commun de référence pour les langues, soit un niveau élémentaire. Elle constitue souvent une première étape avant une formation qualifiante ou certifiante, ou une évolution professionnelle. Pour l’employeur, elle permet de sécuriser les compétences de base des salariés, de valoriser et fidéliser les moins qualifiés, et d’améliorer l’application des consignes écrites.
Le parcours commence par un entretien et une évaluation préalable. À ce stade, un candidat sur trois en moyenne valide directement les sept domaines. Les autres suivent une formation individualisée, puis une évaluation finale sur les domaines restants, avant la validation par un jury paritaire. L’obtention prend trois mois en moyenne. Pour les salariés, CléA peut être financée par l’employeur, l’opérateur de compétences ou le CPF.
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