Les 20 solutions du Conseil National du Commerce pour accélérer la transition circulaire du commerce français

30 janvier 2026
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Commerce français accélérer la transition circulaire

Le Conseil National du Commerce (CNC) publie son rapport « Commerce français : accélérer la transition circulaire », fruit de plusieurs mois de travaux menés entre janvier et juin 2025.

Co-rapporté par Emily Mayer, Directrice des études à l’Institut Circana, et Yohann Petiot, Directeur général de l’Alliance du Commerce, ce texte dresse un état des lieux opérationnel des modèles circulaires déjà à l’œuvre dans le commerce et formule 20 recommandations concrètes pour permettre leur changement d’échelle.

« La circularité n’est pas seulement une ambition : c’est la clé d’un commerce plus durable, plus responsable et plus proche des attentes de chacun ».

Le commerce, acteur clé de la transition circulaire

Face aux attentes environnementales et sociétales croissantes, le commerce est confronté à une double exigence : inventer des modèles économiques plus durables, tout en préservant sa compétitivité économique et son attractivité auprès des consommateurs.

Le rapport du CNC rappelle que les commerçants, quels que soient leur taille ou leur secteur, sont déjà fortement engagés dans cette transformation.

Les travaux du Conseil National du Commerce ont ainsi porté sur 6 modèles circulaires existants : la seconde main, la réparation, l’abonnement et la location, la consigne pour réemploi, la vente en vrac et la gestion des invendus.

Tous poursuivent un objectif commun : prolonger l’usage des produits, réduire les déchets et inscrire durablement le commerce dans l’économie circulaire.

Quels sont les freins au déploiement des modèles circulaires ?

Certains modèles représentent déjà une activité significative. La seconde main atteignait ainsi 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, tandis que la réparation et la location de biens d’équipement représentaient respectivement 3,1 milliards et 1,2 milliard d’euros. Le vrac alimentaire, quant à lui, est estimé à 660 millions d’euros de chiffre d’affaires, et 90% des Français se déclarent favorables au retour de la bouteille en verre consignée.

Pour autant, le rapport met en évidence plusieurs freins. Les modèles circulaires génèrent des coûts supplémentaires par rapport à l’économie linéaire, liés notamment à la logistique inversée, au reconditionnement, à la gestion unitaire des stocks et à la formation des équipes. Leur équilibre économique demeure fragile, en particulier pour les produits à faible valeur.

La transition circulaire suppose également la mobilisation de nouvelles compétences. La réparation, par exemple, nécessitera le recrutement d’au moins 20.000 professionnels supplémentaires d’ici 2030, selon le secrétariat général à la planification écologique (SGPE). Les tensions sur les savoir-faire et le coût des formations constituent aujourd’hui un frein à la montée en puissance de ces activités.

L’expérience consommateur, condition du succès

Le rapport souligne que l’adhésion des consommateurs est décisive. Pour l’obtenir, les parcours d’achat doivent rester simples, lisibles et rassurants. Les consommateurs attendent des garanties de qualité, une information claire et une communication positive. À l’inverse, une complexité perçue (comprendre une consigne, se désabonner facilement, etc.) peut freiner l’adoption de ces nouveaux modèles.

La question de la standardisation et de la coopération entre acteurs apparaît également centrale. L’absence de standards communs, qu’il s’agisse des formats de consigne, des outils de traçabilité, etc., accroît les coûts et ralentit le déploiement à grande échelle.

Un cadre réglementaire à simplifier et à harmoniser

Le cadre réglementaire joue quant à lui un rôle ambivalent : il constitue à la fois un moteur (interdiction de destruction des invendus, objectifs de réemploi), et un frein. La fiscalité de la seconde main, certaines obligations administratives ou encore la multiplication des labels sont ainsi régulièrement cités comme obstacles par les acteurs du secteur.

Le rapport appelle ainsi à une simplification administrative et à une harmonisation des règles au niveau européen afin de sécuriser juridiquement les commerçants et de favoriser le passage à l’échelle des modèles circulaires.

20 recommandations pour accélérer la transition

Les travaux ont abouti à 20 recommandations structurées autour de 4 grands enjeux : assurer la compétitivité des modèles circulaires, faciliter leur mise en place par les commerçants, former aux métiers du commerce circulaire et engager les consommateurs dans ces nouveaux modèles.

Ces propositions visent notamment à adapter la fiscalité, soutenir l’investissement dans les outils numériques au service de la traçabilité, renforcer la formation aux métiers de la réparation et développer une communication positive et pédagogique à destination du grand public.

Faire du commerce un moteur de l’économie circulaire

Le Conseil National du Commerce rappelle que la transition vers une économie circulaire ne pourra réussir sans un secteur du commerce pleinement engagé et accompagné. En mettant en lumière les initiatives existantes et en formulant des recommandations opérationnelles, ce rapport entend donner aux pouvoirs publics et aux acteurs économiques les leviers nécessaires pour soutenir le développement de l’économie de la fonctionnalité.

– Consultez le rapport du CNC : Commerce français : accélérer la transition circulaire.

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