Feuille de route 3R : pour une transformation profonde et partagée des pratiques d’emballage du secteur

2 avril 2026
Actualités
Développement Durable
Études et guides
emballage carton

Réduire, réemployer, recycler : ces trois leviers structurent la stratégie nationale 3R, initiée par la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire – dite loi AGEC – promulguée en 2020. Pour répondre aux exigences réglementaires, l’Alliance du Commerce a participé, aux côtés de quatre autres fédérations professionnelles, à la rédaction d’une feuille de route sectorielle dédiée aux emballages du secteur textile-habillement-distribution.

Un cadre réglementaire qui impose une transformation profonde

La loi AGEC fixe des objectifs ambitieux et progressifs pour les emballages plastiques à usage unique : 100% d’entre eux doivent bénéficier d’une filière de recyclage opérationnelle dès 2025 ; 20% doivent être réduits d’ici 2027, dont au moins la moitié par le réemploi ; et leur suppression doit être envisagée à l’horizon 2040. Ces obligations s’accompagnent de l’entrée en application, le 12 août 2026, du règlement européen PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation, relatif aux emballages et aux déchets d’emballages), qui fixe à son tour des objectifs de réduction, de contenu recyclé et de réemploi pour l’ensemble des acteurs économiques.

À ces textes s’ajoute, à compter du 1er juillet 2026, l’entrée en vigueur de la filière à responsabilité élargie des producteurs pour les emballages professionnels (REP Emballages Professionnels), jusqu’ici hors champ de la REP ménagers. Les entreprises du secteur textile devront alors déclarer leurs tonnages d’emballages professionnels mis sur le marché et s’acquitter d’une éco-contribution auprès d’un éco-organisme agréé.

Une démarche collective portée par cinq fédérations

La feuille de route sectorielle 3R a été élaborée conjointement par l’Alliance du Commerce, la Fédération de la Haute Couture et de la Mode (FHCM), la Fédération de la Maille, de la Lingerie et du Balnéaire, l’Union Française des Industries Mode et Habillement (UFIMH) et l’Union des Industries Textiles (UIT), avec le soutien du Comité de Développement et de Promotion de l’Habillement (DEFI) et de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME). Ces cinq organisations représentent au total plus de 1.000 adhérents, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, de la fabrication des fibres et fils jusqu’à la distribution en point de vente et sur les canaux en ligne.

La feuille de route a été réalisée par le cabinet (RE)SET, selon une méthodologie rigoureuse déployée en cinq étapes :

  • Diagnostic et cartographie des usages emballages-produits, incluant une évaluation du réemploi et de la recyclabilité.
  • Analyse des alternatives : repérage et évaluation de plus de 100 solutions existantes ou en développement.
  • Sélection : analyse approfondie de 44 solutions et priorisation d’une vingtaine selon leur potentiel de déploiement.
  • Projection sectorielle : quantification des gains possibles à horizon 2025, 2027 et 2040.
  • Plan d’action et calendrier : définition des besoins en innovation, R&D, investissements et gouvernance pour la mise en œuvre opérationnelle.

Plus de 50 adhérents ont été impliqués dans la démarche, à travers des entretiens, des ateliers, des visites de sites industriels et des questionnaires.

La participation à cette feuille de route, et a fortiori la mise en œuvre des solutions qu’elle préconise, revêt un caractère strictement volontaire pour les entreprises du secteur.

Un gisement d’emballages massif, dominé par les unités de l’aval

Le secteur textile-habillement-distribution se distingue par un volume d’emballages considérable. En 2024, les emballages de vente représentent environ 12,2 milliards d’unités pour 430.000 tonnes, auxquels s’ajoutent quelque 284 millions d’unités pour 228.000 tonnes d’emballages de regroupement et de transport. Si le segment amont – fibres et fils, textiles techniques, étoffes – concentre la majorité des tonnages, le segment aval – habillement et linge de maison – domine très largement en volume d’unités, avec 92% du total.

Dans le secteur amont, le gisement est dominé par les mandrins (supports d’enroulement des étoffes, majoritairement en carton), les cônes (supports d’enroulement pour les fils, en carton ou plastique) et les sachets et films plastiques. Dans le secteur aval, les polybags unitaires (sachets plastiques individuels protégeant les vêtements) constituent l’emballage le plus répandu en nombre d’unités : environ 2,2 milliards* de pièces, fabriquées majoritairement en polyéthylène basse densité (PEBD). Les étiquettes (2,6 milliards d’unités) et les attaches d’étiquettes arrivent en seconde position.

*Les données présentées dans la feuille de route ont été consolidées à partir d’extrapolations et d’hypothèses. Elles doivent être considérées comme des ordres de grandeur et non comme des valeurs précises.

17 solutions retenues pour atteindre les objectifs 3R

Sur plus de 100 initiatives préalablement recensées auprès d’acteurs aussi divers que des adhérents, des fabricants d’emballages, des opérateurs de réemploi et des distributeurs, 17 solutions ont été retenues dans la feuille de route, après un processus de hiérarchisation croisant le gisement accessible et la facilité de mise en œuvre. Ces solutions se répartissent entre les trois leviers des 3R.

Sur la réduction, 6 actions sont préconisées. Parmi les premières à mettre en œuvre figurent l’optimisation des techniques de pliage pour réduire la taille des polybags, la réduction de l’épaisseur des sachets et films plastiques dans le secteur amont comme dans l’aval, et le regroupement de plusieurs rouleaux d’étoffes dans un même sachet. À moyen terme, la substitution des enveloppes plastiques utilisées pour le commerce en ligne par des emballages en fibres constitue une piste prioritaire. Le potentiel global de réduction des emballages plastiques à usage unique est estimé à 27% du gisement en tonnes à l’horizon 2040.

Sur le réemploi, 5 solutions sont retenues. Dans l’amont, la mise en place d’un système de réemploi des mandrins est identifiée comme une priorité collective. Dans l’aval, plusieurs pistes sont envisagées : développement de présentoirs et supports de mise en avant (displays ou PLV, publicité sur le lieu de vente) réemployables dans les enseignes, déploiement de caisses de transport en plastique réemployables, et expérimentation de colis et enveloppes réemployables pour le commerce en ligne. Le potentiel global de réemploi est estimé à 24% du gisement en unités à l’horizon 2040.

Sur le recyclage, 6 solutions sont retenues. Elles visent à atteindre 100% d’emballages recyclables, un objectif jugé accessible : 99% des emballages du secteur disposent déjà d’une filière de recyclage opérationnelle. Les actions portent notamment sur la suppression des cintres non recyclables, la transition des polybags et des sachets vers une résine plastique unique (le PEBD, polyéthylène basse densité, est préconisé), le remplacement des cônes en PVC par des solutions en carton ou en résines recyclables, et l’élimination des pigments noirs à base de noir de carbone, qui perturbent les systèmes de tri optique. Une action transversale complète ce volet : la rédaction de cahiers des charges communs à la filière pour les principaux types d’emballages.

Un plan d’action progressif jusqu’en 2040

La feuille de route propose une mise en œuvre en trois temps. De 2025 à 2027, les actions dites « quick-wins », rapides à déployer et porteuses de gains économiques et environnementaux, sont prioritaires : réduction des épaisseurs, optimisation du pliage, regroupement d’emballages dans le secteur amont, adoption de palettes réemployables et lancement des groupes de travail collectifs.

De 2027 à 2030, les solutions de substitution et de réemploi prennent le relais, notamment sur les canaux du commerce en ligne et des enseignes de l’habillement.

À partir de 2030 et jusqu’en 2040, les transformations systémiques (réemploi des mandrins à grande échelle, déploiement massif des emballages réemployables dans le transport) sont visées.

Les investissements nécessaires pour chaque adhérent restent globalement maîtrisés sur les solutions de réduction : les estimations s’échelonnent entre quelques milliers et une trentaine de milliers d’euros par entreprise selon la solution, sans investissement en immobilisation lourde dans la majorité des cas. Les solutions de réemploi collectives impliquent en revanche des investissements de filière plus significatifs, estimés entre 170.000 et 530.000 euros selon les dispositifs, à partager entre les acteurs concernés.

En vous connectant à votre espace adhérent, accédez au support de présentation et au webinaire, ainsi qu’à votre base documentaire. Dans la catégorie RSE-Développement durable, retrouvez les :
– Feuille de route 3R (réduction, réemploi, recyclage) des emballages dédiée au secteur textile-habillement-distribution : guide opérationnalisation acheteurs – amont
– Feuille de route 3R (réduction, réemploi, recyclage) des emballages dédiée au secteur textile-habillement-distribution : guide opérationnalisation acheteurs – aval
– Feuille de route 3R (réduction, réemploi, recyclage) des emballages dédiée au secteur textile-habillement-distribution : livrable final

Pour consulter l’intégralité de l’article, connectez-vous à votre espace adhérent. Sinon, rejoignez l’Alliance du Commerce et bénéficiez de nombreux avantages !
Image

Partager cette actualité

Suivez-nous !

À propos de l'Alliance
du Commerce

L’Alliance du Commerce rassemble l’Union du grand commerce de Centre-Ville (UCV), la Fédération des Enseignes de l’Habillement (FEH) et la Fédération des Enseignes de la Chaussure (FEC). Elle représente 26.000 magasins et 160.000 salariés dans le secteur de l’équipement de la personne.