L’affichage du coût environnemental des vêtements : tout savoir sur ce dispositif

6 octobre 2025
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Développement Durable
affichage du coût environnemental des vêtements

Pourquoi un affichage du coût environnemental des vêtements ?

L’affichage du coût environnemental (aussi appelé « éco-score textile ») des vêtements s’inscrit dans une démarche d’information transparente et d’accompagnement des consommateurs vers des choix plus responsables. Ce dispositif, mis en place progressivement à partir d’octobre 2025, vise à rendre visible l’impact environnemental des produits textiles d’habillement.

Concrètement, le coût environnemental reflète l’ensemble des impacts qu’un vêtement génère tout au long de son cycle de vie : depuis l’approvisionnement des matières premières à la production, en passant par les différentes étapes de fabrication et de transport, jusqu’à sa fin de vie en tant que déchet textile.

Comment fonctionne ce dispositif ?

Depuis le 1er octobre 2025, les marques peuvent afficher volontairement le coût environnemental de leurs vêtements, en magasin et en ligne. Ce dispositif repose sur un score unique, exprimé en « points d’impact ». Plus ce score est élevé, plus le vêtement est considéré comme ayant un impact négatif sur l’environnement.

L’affichage est inspiré des étiquettes nutritionnelles ou des scores carbone. Il vise à permettre aux consommateurs de comparer facilement les produits et de faire des choix plus éclairés.

affichage de l’impact environnemental

Source : ministère de la Transition écologique

Il apparaît soit sur :

  • le produit lui-même,
  • en rayonnage,
  • sur le site Internet de la marque grâce à un visuel.

Comment est calculé le coût environnemental ?

L’affichage environnemental pour les vêtements

Le calcul s’appuie sur l’analyse de cycle de vie (ACV), et notamment sur les travaux européens (« Product Environmental Footprint » ou PEF). Plusieurs critères sont pris en compte :

  • Les émissions de gaz à effet de serre ;
  • L’impact sur la biodiversité ;
  • La consommation d’eau et de ressources naturelles ;
  • La pollution des milieux (eau, air, sols).

La méthode française va plus loin en intégrant des critères spécifiques :

  • Le relargage de microfibres plastiques ;
  • La durabilité non physique (pratiques industrielles et commerciales des marques comme la largeur de gamme ou l’incitation à la réparation)

Un coefficient de durabilité est appliqué pour moduler le score final : il peut réduire le coût environnemental ou, au contraire, l’augmenter. En pratique, le coefficient de durabilité est problématique. Il évalue en effet la durabilité non physique d’un vêtement à partir de deux critères : la largeur de gamme, c’est-à-dire le nombre de références commercialisées, et l’incitation à la réparation. De plus, le coefficient repose sur l’hypothèse selon laquelle un prix de vente plus élevé serait le signe d’un produit plus durable ou plus respectueux de l’environnement. Or cette corrélation est remise en cause par une récente étude de l’Université de Leeds, au Royaume-Uni, qui met en évidence que le prix n’est plus un indicateur fiable de la durabilité physique d’un produit. Enfin les plateformes extra-européennes peuvent tirer parti de ces critères pour améliorer artificiellement leur score : elles peuvent par exemple augmenter artificiellement le prix de référence avant d’appliquer des promotions répétées, ou encore afficher un service de réparation, même pas ou peu utilisé par les clients.

Un outil pour les professionnels : Ecobalyse

Pour faciliter le calcul du coût environnemental, l’État met à disposition un outil gratuit et open source : Ecobalyse. Développé par le ministère de la Transition écologique et l’ADEME, il permet aux entreprises du textile d’évaluer  l’impact de leurs produits.

L’entrée en vigueur de l’affichage du coût environnemental des vêtements marque une étape décisive vers une consommation plus transparente et responsable.

Ce dispositif, s’il est bien conçu, représente une opportunité pour les marques comme pour les consommateurs. Pour les premières, il s’agit d’un outil précieux pour orienter leurs efforts d’éco-conception en réduisant l’impact environnemental de leurs produits tout en préservant leur accessibilité et leur qualité. Pour les seconds, il offre un repère tangible pour mieux comprendre l’impact de leurs achats et, progressivement, l’atténuer. L’objectif n’est pas de culpabiliser mais d’informer. Le consommateur doit ainsi être considéré comme un acteur clé de la transition environnementale du secteur de la mode, capable de faire des choix éclairés en fonction de ses moyens.

Cependant, pour que cette mesure soit pleinement efficace, deux conditions doivent être remplies. D’une part, une harmonisation européenne des méthodes d’évaluation est indispensable. Aujourd’hui, les approches divergent entre la France et l’Europe, ce qui risque de créer des inégalités dans l’information des consommateurs et des distorsions de concurrence pour les marques. Un cadre commun, clair et partagé est nécessaire pour garantir une transparence équitable. D’autre part, l’évaluation doit intégrer la durabilité physique des produits – c’est-à-dire la capacité d’un vêtement à résister à l’usure, au temps et aux conditions d’utilisation normales sans se détériorer prématurément – et ne pas se limiter à des critères partiels comme l’empreinte carbone ou le prix qui ne reflètent pas la durée de vie réelle des vêtements.

Pour que l’affichage environnemental devienne un véritable levier de transformation, il est désormais crucial d’accélérer vers une méthode européenne harmonisée, claire, juste et pédagogique. L’Alliance du Commerce réaffirme par conséquent son engagement en faveur d’une évaluation environnementale complète et lisible, au service des marques, des consommateurs et de la transition écologique du secteur textile.

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