Christine Dekerck-Adt : la CPNEFP doit bien identifier les besoins pour proposer les meilleures formations

La mutation des modes de distribution, engendrée par le déploiement extrêmement rapide de la digitalisation, implique, de la part de nos entreprises, un effort particulièrement soutenu en matière de formation des personnels.

Le rôle des Commissions paritaires nationales pour l’emploi et la formation professionnelle (CPNEFP) de leurs branches respectives devient, à cet égard, essentiel. Dans la dernière édition d’Enseignes (n° 61), la Vice-Présidente de la CPNEFP de l’habillement succursaliste a exposé sa conception des missions de son instance paritaire. Dans ce numéro, nous donnons la parole à Christine Dekerck-Adt, Responsable adjointe Développement des compétences et métiers aux Galeries Lafayette, et Présidente de la CPNEFP de la branche Grands Magasins et Magasins Populaires. Pour elle, la CPNEFP doit, d’abord, identifier précisément les besoins afin de proposer les meilleures formations.

Comment considérez-vous le rôle de la CPNEFP ?

La CPNEFP est une instance paritaire qui intervient sur tous les enjeux stratégiques d’emploi, de formation professionnelle et de certification. Avec le support de l’Observatoire des métiers, elle est, à mon sens, un acteur majeur en matière de formation et d’accompagnement des salariés Son rôle a nettement évolué ces dernières années avec l’émergence des nouvelles technologies. Par exemple, les parcours de formation sont de plus en plus individualisés. Il me paraît donc important, au regard de chaque métier, de savoir identifier les besoins réels, afin de proposer les formations les mieux adaptées (qu’elles soient certifiantes ou non) aux demandes des entreprises, d’une part, et aux attentes des salariés, d’autre part.

Quelles étaient vos motivations pour intégrer la CPNEFP de votre branche ?

J’ai rejoint les Galeries Lafayette en janvier 2014. Mon objectif était alors de mettre en œuvre la réforme de la formation au sein de l’entreprise, notamment, en organisant la transition DIF/CPF, l’instauration des entretiens professionnels, etc. J’occupe, actuellement, les fonctions de responsable adjointe au développement des compétences et des métiers. À ce titre, j’ai en charge l’ingénierie financière et légale de la formation, le déploiement de l’ensemble des dispositifs de formation (CPF, professionnalisation, etc), ainsi que le suivi du déroulement des plans de formation. Pour moi, intégrer la CPNEFP des Grands Magasins et Magasins Populaires constituait le prolongement naturel de mon activité professionnelle. Siéger au sein de cette instance paritaire me permet d’être au cœur de l’actualité en matière de formation ; et, surtout, d’avoir une vision élargie aux problématiques de notre branche. En fait, je me situe en interface entre la branche et l’entreprise. Je dispose, ainsi, de clés de lecture pour mieux communiquer avec l’ensemble de mes interlocuteurs en interne. Je peux, également, accompagner et conseiller la communauté des RH, tant au niveau des managers que des collaborateurs. Après avoir été Vice-Présidente de cette CPNEFP, j’en suis devenue la Présidente en mai dernier.

Comment fonctionne votre CPNEFP ?

De façon récurrente, la CPNEFP est chargée de piloter les fonds de la branche dédiés à la formation ; d’acter les taux de prise en charge des différents dispositifs, notamment ceux de la professionnalisation et du CPF Entreprise Associée. Par ailleurs, nous procédons, en cours d’année, à d’éventuels arbitrages en fonction de la consommation des budgets alloués et des fonds encore disponibles. Depuis la mise en place du CPF, la Commission paritaire met à jour régulièrement la liste des formations éligibles pour la branche, au regard des besoins exprimés par chacune de ses enseignes.

Comment percevez-vous l’évolution des missions de la CPNEFP, notamment dans la mise en œuvre des politiques de branches ?

Au-delà des réformes engagées, on constate que l’accès à la formation et le contenu des formations elles-mêmes ont beaucoup évolué. Avec le déploiement de la digitalisation, chaque salarié peut se former à son propre rythme, se perfectionner, développer ses capacités professionnelles, voire envisager sa reconversion. La digitalisation facilite énormément l’acquisition des connaissances. Parallèlement, l’adaptation aux nouvelles technologies nécessite une montée en compétence des critères de professionnalisation. C’est le sens que nous donnons aux formations prodiguées. Pour autant, nous devons veiller à ne pas laisser de côté les personnes trop éloignées des outils digitaux et des processus de formation. Je suis confiante pour l’avenir, la CPNEFP évoluera comme elle l’a fait jusqu’à présent, en s’adaptant aux nouvelles législations et aux nouvelles modalités de formation. Et ce, au service des personnels concernés et de la performance des entreprises.

Votre action au sein de la CPNEFP dégage-t-elle une synergie avec celle que vous exercez dans votre propre entreprise ?

Bien évidemment, la CPNEFP est le prolongement de ce que nous déployons au sein de nos entreprises. Comme je l’ai dit précédemment, mon rôle consiste à être une parfaite interface entre les deux entités •