Filières du commerce : ascenseur social pour les jeunes sans qualification

Interview - Danielle Deruy, directrice générale d’AEF

Le groupe de presse professionnelle AEF est un acteur reconnu dans le domaine del’éducation, de la formation, de la RSE et de l’emploi. Depuis 2013, il organise un salon citoyen, « Jeunes d’Avenirs », dédié aux jeunes peu ou pas qualifiés pour les aider à rechercher efficacement un emploi. Il a accueilli en deux ans 60 000 jeunes et collecté 75 000 offres d’emploi/ alternance. Les prochaines éditions se dérouleront à Lille le 10 mai àMarseille le 9 juin et à Paris les 27 et 28 septembre. Pour Danielle Deruy, directrice générale d’AEF, les filières du commerce, qui constituent un formidable ascenseur social, peuvent apporter beaucoup à la réussite de ce salon. Pourquoi votre groupe de presse intervient-il pour faciliter les recherches d’emplois ? Les grands décideurs en matière d’emploi, qu’ils soient publics ou privés, sont abonnés à notre groupe de presse AEF et nous font confiance. C’est la raison pour laquelle nous avons eu l’idée, en 2013, de créer, avec le salon « Jeunes d’Avenirs », une manifestation qui propose un guichet unique à tous les acteurs de l’insertion, pour qu’ensemble, ils puissent aider les jeunes en situation de précarité à « trouver leur solution » vers l’emploi. 

Il ne s’agit pas de promettre une embauche, mais d’accompagner les jeunes, individuellement, dans leur recherche d’un emploi. Ainsi, à chaque salon, des professionnels rédigent des milliers de CV avec les jeunes, organisent à leur intention des coachings et leur présentent tous les dispositifs existants en leur faveur. Des milliers d’offres sont recueillies sur une plate-forme dédiée. Ces offres sont accessibles aux conseillers de Pôle emploi, des Missions Locales, de l’Epide (Établissement pour l’insertion dans l’emploi), des Écoles de la 2e chance, etc. afin qu’ils puissent préparer les jeunes aux postes proposés sur la base de données. Sous quel statut, public ou privé, s’organise votre démarche, et comment en assurez-vous le financement ? Le groupe AEF est une PME d’une centaine de salariés. La création du salon « Jeunes d’Avenirs » est une initiative qui s’inscrit dans le cadre de la RSE. Nous entraînons avec nous des branches professionnelles, des OPCA, des organismes de formation, de grands groupes et des PME.

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Nous sommes fiers de l’avoir lancée. Quant au financement de l’opération, il est assuré par nos partenaires privés (les salons sont gratuits pour les PME/TPE, ainsi que pour les associations et les organismes publics). Nous ne recevons pas de subventions, mais disposons d’un soutien opérationnel important de la part des pouvoirs publics, de la DGEFP (Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle), de Pôle emploi, des Missions locales. Nous bénéficions, en outre, du patronage du PremierMinistre.

Pour l’heure, AEF reste le principal contributeur financier. Vous limitez votre action aux seuls jeunes peu qualifiés, pourtant le chômage ne touche-t-il pas toutes les tranches d’âge ? Bien sûr, le chômage est très difficile à vivre, quel que soit l’âge du demandeur d’emploi. Mais, si nous avons choisi la catégorie des jeunes peu diplômés, c’est parce qu’il n’existe pas de manifestation qui leur soit dédiée. Une manifestation où ils se sentent accueillis, qui leur donne confiance en eux-mêmes et en leur avenir. Ainsi, dans notre salon, plusieurs centaines de professionnels bénévoles les écoutent et les conseillent dès leur arrivée. Vous savez, beaucoup de jeunes qui ont participé à notre salon nous disent : « Merci, grâce à vous, j’ai eu le déclic. »

Pourquoi avoir choisi cette formule de salon spécialisé afin de mettre en contact employeurs et demandeurs d’emploi ? Un forum traditionnel concernant l’emploi – il y en a beaucoup – ne pourrait leur convenir. Ils s’y sentiraient totalement perdus, car ils ne possèdent pas les codes. Or, c’est précisément ce que nous essayons de leur donner : les codes. Ces jeunes ont besoin d’un contact personnel. Il faut les mettre en confiance, les écouter, les faire parler d’eux-mêmes, ce dont ils n’ont pas l’habitude.

Les aider à rédiger un bon CV ou une bonne lettre de motivation, c’est les mettre sur la voie qui leur permettra de décrocher un job ou une formation afin d’y parvenir. Pour les recruteurs, notre salon a également son importance. En effet, beaucoup de jeunes étant préparés en amont, il est le gage d’entretiens d’embauche fructueux. Cette méthode facilite donc, sur place, la meilleure adéquation entre l’offre et la demande. Le commerce, premier employeur du secteur des services, est une porte d’accès privilégiée pour la première embauche des jeunes peu qualifiés.

Dans quelle mesure souhaitez-vous l’associer à votre démarche ? Quelques grandes enseignes, comme le groupe Carrefour ou Monoprix sont présentes depuis 2013 à notre salon. Le Forco et des CFA de métiers en tension du commerce le sont également. Nous souhaiterions, aujourd’hui, passer à la vitesse supérieure avec la participation d’un maximum d’entreprises de ce secteur, lequel offre un ascenseur social de premier ordre. Nous espérons aussi une représentation des différentes branches, avec lesquelles nous travaillerions en amont, pour organiser, dans le salon, un « Village du Commerce ».

Une telle réalisation donnerait une vision claire de cette grande filière et valoriserait ses métiers et ses formations. Bref, nous souhaiterions que les branches du commerce déposent beaucoup d’offres d’emploi (CDD, CDI, intérim, saisonnier), d’alternance et de POE sur la plate-forme « Jeunes d’Avenirs ».

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