L’Alliance du Commerce porte les priorités des Grands Magasins et Enseignes de Mode dans le grand débat national

L’Alliance du Commerce porte les priorités de ses adhérents au Grand Débat National en faveur d’une véritable politique de soutien d’un commerce en pleine mutation. Ces propositions ont été défendues dans le cadre du débat organisé par le Conseil du Commerce de France le 11 mars. 

Face au bouleversement des modes de consommation et des modèles économiques impactant le marché de l’habillement depuis 10 ans, les enseignes du commerce doivent se transformer pour répondre aux nouvelles attentes de leurs clients. 

« Des investissements massifs sont nécessaires dans la rénovation des magasins, la formation des équipes, les équipements digitaux et logistiques, le marketing digital, le traitement des données ou encore l’innovation dans les produits et les services. Pour y parvenir, il est urgent de redonner des marges de manœuvre aux commerçants pour engager cette transition et encourager un commerce innovant et responsable » insiste Yohann Petiot, Directeur Général de l’Alliance du Commerce. 

L’Alliance du Commerce soutient cinq grandes priorités dans le cadre du Grand Débat National : 

1. Diminuer les charges pesant sur le commerce 

2. Favoriser l’emploi en simplifiant les règles relatives au contrat de travail 

3. Redynamiser le commerce en centre-ville 

4. Soutenir la transition environnementale des enseignes de mode 

5. Encourager la consommation intérieure et touristique 

 

1 - DIMINUER LES CHARGES PESANT SUR LE COMMERCE 

  • BAISSE DE LA PRESSION FISCALE LOCALE 

Hausse de la cotisation foncière des entreprises, TASCOM multipliée par 6 en 10 ans, taxe sur la publicité extérieure multipliée par 3…la fiscalité locale peut atteindre désormais jusqu’à 30% du résultat d’exploitation d’un magasin. Les commerces physiques ne peuvent plus supporter une augmentation de la fiscalité déconnectée d’un marché en décroissance et en partie transféré sur le commerce en ligne. L’Alliance du Commerce plaide en faveur d’une réforme qui repose sur les principes suivants : 

- Diminution de la pression fiscale locale avec la suppression de la TASCOM et la baisse de la cotisation foncière des entreprises 

- Rééquilibrage de la fiscalité entre les canaux de distribution : l’activité doit être équitablement fiscalisée, quel que soit le canal de vente 

  • Diminution des coûts locatifs dans une relation équilibrée avec les bailleurs

Si la loi Pinel adoptée en 2014 a permis des avancées positives, des difficultés importantes demeurent. 

Les coûts locatifs, loyers et charges, n’ont cessé d’augmenter ces dernières années et représentent une part toujours plus conséquente du chiffre d’affaires du commerçant. 

L’Alliance du Commerce appelle donc à l’ouverture de négociations avec les représentants des bailleurs et les pouvoirs publics afin de rétablir des conditions de négociations équilibrées : 

- D’une part, les foncières immobilières, bailleurs institutionnels ou particuliers doivent comprendre qu’il est urgent de diminuer le niveau des loyers. 

- D’autre part, la refacturation des charges, notamment celles liées à la rénovation et à l’embellissement des centres existants, doit être repensée. Si elles sont nécessaires au renouvellement de l’expérience client, la réglementation actuelle ne doit plus les faire reposer sur les seuls commerçants. 

 

2 - FAVORISER L’EMPLOI EN SIMPLIFIANT LES REGLES RELATIVES AU CONTRAT DE TRAVAIL 

Le commerce joue un rôle social majeur et contribue largement à l’insertion professionnelle des jeunes. Un jeune sur 4 débute sa carrière professionnelle dans le commerce. 

Toutefois, la multiplication des règles (telles que l’instauration d’un plancher minimal de durée du travail) est dissuasive pour beaucoup d’entreprises. La surtaxation des contrats courts, actuellement envisagée par le Gouvernement, porterait un coup majeur aux commerces. L’activité du commerce varie selon les jours, les semaines et les saisons, rendant indispensable l’adaptation des ressources en main d’oeuvre sur la surface de vente. 

L’Alliance du commerce s’oppose ainsi à toute taxation sur les contrats courts et appelle à une plus grande adaptation du contrat de travail aux variations de l’activité.

 

3 - REDYNAMISER LE COMMERCE EN CENTRE-VILLE 

Le Commerce contribue à l’attractivité économique des territoires et notamment dans les centres-villes. Pourtant, l’exercice d’une activité commerciale y est plus complexe et se heurte à des coûts d’exploitation plus élevés qu’en périphérie ou dans le e-commerce. 

Pour agir efficacement en faveur des centres-villes, les pouvoirs publics doivent avoir pour objectif général de compenser ces handicaps. Au lieu d’empêcher ou contraindre, il convient de créer un environnement plus favorable au commerce physique en encourageant les projets, en facilitant leur conception et en accélérant leur réalisation. 

L’Alliance du Commerce appelle donc les collectivités territoriales à mettre en place, au-delà des villes moyennes, des Opérations de Revitalisation des Territoires (ORT) permises depuis l’automne 2018 par la loi ELAN. Ces politiques doivent conduire à renforcer l’accessibilité mais aussi le retour de l’emploi et d’un logement rénové pour redynamiser le centre-ville. Les collectivités doivent également engager, en lien avec les commerçants locaux, des campagnes de promotion et redynamisation du commerce dans les centres-villes. Le recrutement de managers de centre-ville doit enfin permettre de renforcer cette dynamique en déployant une véritable politique de marketing commercial du centre-ville. 

 

4. SOUTENIR LA TRANSITION ENVIRONNEMENTALE DES ENSEIGNES DE MODE 

Pour répondre aux nouvelles attentes de leurs clients, les enseignes sont également engagées dans le développement d’une mode plus durable, avec pour priorité d’intégrer l’économie circulaire dans leur cycle de production et d’accroitre la performance énergétique de leur magasin et de leur chaine logistique. Dans cette démarche proactive, ils demandent aux pouvoirs publics d’encourager l'établissement d'une véritable filière de traitement des déchets et de recyclage des produits de mode avec la mise en place de financements et d’une fiscalité positive pour développer ces solutions. 

 

5. ENCOURAGER LA CONSOMMATION TOURISTIQUE 

Face au ralentissement de l’activité et à l’atonie de la consommation intérieure, le tourisme est devenu un relais de croissance important pour l’activité commerciale des villes. La France est le premier pays touristique du monde en termes de visiteurs. Il convient de tirer pleinement profit de cet atout en améliorant l’accueil des touristes dans notre pays et en encourageant la consommation touristique en France. 

L’Alliance du Commerce rappelle son souhait d’élargir les possibilités d’ouvertures dominicales des commerces afin de permettre, là où la demande intérieure ou touristique existe, de mieux satisfaire les attentes des clients. Le bilan des zones touristiques internationales mises en place en 2015 démontre l’impact positif des ouvertures dominicales en termes d’emplois et de chiffres d’affaires pour les commerces. 

L’Alliance rappelle également sa demande que le seuil de la détaxe, actuellement fixé à 175€, soit largement abaissé afin de rétablir la compétitivité avec les autres pays européens.