Les commerçants vont pouvoir jouer le rôle des distributeurs de billets

En application de la deuxième directive européenne sur les services de paiement (DSP 2), à l’instar des distributeurs de billets, les commerçants pourront bientôt fournir de l’argent liquide aux consommateurs qui en feront la demande. L’entrée en vigueur de la directive est prévue pour le 13 janvier 2018.

À partir de cette date, le consommateur à court d’argent liquide pourra s’adresser chez un commerçant pour retirer des espèces.

Au moyen d’un terminal bancaire spécifique, il choisira l’option « retirer de l’argent » et indiquera le montant souhaité.

Le commerçant lui remettra alors la somme demandée. Le service, communément appelé « cashback », ne génère aucun frais bancaire.

Mieux, il n’implique pas d’obligation d’achat chez le commerçant prestataire.

Seules contraintes : les commerces devront disposer du fameux terminal spécifique ; le retrait est pour l’instant limité à 60 € par client.

• DÉMARCHE ANACHRONIQUE

Comme on pouvait s’y attendre, la Fédération bancaire française (FBF), qui gère les 58 480 distributeurs automatiques de billets sur le territoire, ne voit pas d’un très bon œil l’initiative européenne.

Elle la qualifie d’anachronique, à l’heure où s’accentue la dématérialisation des modes de paiement.

Ainsi, la FBF fait remarquer, que suite à la stratégie nationale de modernisation des moyens de paiement lancée en 2015 par Michel Sapin, des investissements conséquents ont été consentis dans le paiement sans contact, dont le plafond vient d’être d’ailleurs relevé.

Pour la FBF, la directive ne va donc pas dans le sens de l’histoire. Toutefois, pour nuancer ce jugement, il convient de considérer que si la France est largement équipée en distributeurs automatiques, il n’en va pas de même dans de nombreux pays de l’Union européenne, notamment en Europe de l’Est.

Manifestement, le dispositif « cashback » s’adresse en priorité à ces derniers.

• POSITIF POUR LE COMMERCE

À l’inverse, du côté des commerçants, l’accueil est plutôt favorable.

La Fédération du commerce et de la distribution, par exemple, souligne que la directive européenne répond à une demande formulée depuis longtemps par les professionnels.

Avec moins de liquidité dans leurs caisses, les commerçants qui adopteront la facilité « cashback » pourront réduire leurs coûts de gestion des espèces.

Par ailleurs, ce nouveau service est susceptible d’amener, dans le magasin, des clients occasionnels, qui pourraient finalement se laisser tenter par un achat.

Le principe acté, il reste à définir les modalités d’application de la directive. Des négociations interviendront à cet effet dans les prochaines semaines •